Excellente nouvelle pour les archéologues et spécialistes de la Mésoramérique: une nouvelle découverte d’envergure a été réalisée par des experts internationaux au Guatemala. Douze secteurs archéologiques ont pu faire l’objet de recherches approfondies grâce à la technologie laser. Les 33,5 milliards de coups de sonde ont permis de mettre à jour 61 480 structures humaines anciennes, dispersées sur 2144 km carrés de forêt. Cette exploration de surface n’est que le début d’une longue série de recherches sur le terrain, facilité par la définition de données topographiques minutieuses.

Cette étude a été menée par une équipe internationale codirigée par Philippe Nondédéo, archéologue français, et financée par la fondation Pacunam (Patrimoine culturel et naturel maya), une ONG guatémaltèque. Ces territoires étaient occupés par 150 000 à 240 personnes, soit une densité humaine allant de 80 à 120 habitants / km carrés, sachant que celle de la France est de 120 habitants / km carrés.

Face à ces chiffres, l’archéologue français insiste sur la prudence dont il faut faire preuve :  » il n’y a pas assez d’informations venant du terrain pour confirmer ce résultat, qui doit être considéré comme une estimation. On passe notre temps à réviser les chiffres : il y a quelques années on estimait à 50 000 personnes la population du grand site de Tikal. On est revenu à une estimation plus mesurée »: De même que la mission qui se déroule dans la zone de Pedregal, dans la région du Guanacaste, au nord du Costa Rica, il faudra de nombreuses années pour analyser ces sites et comprendre l’organisation politique, économique et sociale de la civilisation maya dans la région. 

 

Philippe Nondédéo est chargé de recherche au CNRS, dans l’unité de recherche « Archéologie des Amériques ». Il a dirigé le programme de fouilles Naachtun 2010-2018 (Petén, Guatemala) et est actuellement co-responsable du Groupe d’Enseignement et de Recherche sur les Mayas et la Mésoamérique (GERM), entre autres. Membre du comité de rédaction du Journal de la Société des Américanistes et Evaluateur externe pour les revues ou séries Estudios de cultura maya, British Archaeological Reports, Americae, il s’intéresse tant à l’habitat, qu’à l’organisation sociopolitique ou aux études multiscalaires.

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