Chantal Danjou est une intellectuelle et artiste contemporaine. Si elle a écrit une treintaine d’oeuvres (poésies, essais, proses), elle également critique litteraire, professeure et formatrice. De plus, elle a co-fondé une association dont l’objectif est de faire connaître la poésie contemporaine.

A travers ses écrits, ses collaborations et ses compromis, elle incarne une génération ancrée dans son époque, consciente tant des succès que des enjeux, avec une plume poignante de profondeur et de discernement.

Elle sera présente au Festival de Poésie de Granada, au Nicaragua, qui se déroule du 11 au 18 février 2018. Elle lira également l’une de ses oeuvres à l’Alliance française, séance lors de laquelle elle accordera des dédicaces.

Nous vous proposons de la découvrir ou de l’appécier de nouveau à travers le poème ci-dessous intitulé « La Paix », tiré du recueil Formes

« La paix

Sur le chemin, de nombreux oiseaux jusque là inaperçus. S’envolent des taillis ! Tachent la mer. Très blancs, très blancs. Comme Vénus, la première étoile. Puis au rythme d’un voyage rapide. N’existent déjà plus ! Ni ne crient. Où sont-ils les oiseaux ?

Sur le chemin, un petit nuage. Autre blanc. Vient, vient. A la rencontre du bleu dans son immortalité.
Nuage des collines, en ami s’abandonne. Epouse, au vent tranquille, qui le regarde. Est-il poète, est-il libre ?

Sur le chemin, à l’heure des monts plus roses. Il suffit d’un souvenir : à la pâquerette refermée comme un pinceau, un trait de mauve.
En descendant le chemin, un couple, tous deux âgés. Passent, passent, dissipant la solitude.
Sans doute iront-ils mourir comme tous sous le ciel

La joie ferme la marche. Près de la nuit, avant de briller semblables à la lune, l’un l’autre allongés.
Juste un sourire qui, comme les oiseaux. Disparaît

La vie n’est-elle pas à l’aplomb de la mer ? Quand le chemin tourne, avant l’escarpement, avant. Un blanc où. Des pas qui s’effacent. Ne reste que la trace de, de et de, tristesse ou clarté ou fleurs

Ils se sont posés tant de questions. Sous le voile des chemises, la poitrine est presque nue, presque transparente. La poitrine est rendue à l’os

Veinée de bleu quelque autre couleur dont on ne sait rien. Accepter ce qui n’a pas de sens. Qui ne se résout pas au désir du corps. Si ce n’est l’ultime pulsation. Le cœur monte comme une ombre ».